Investing : The Last Liberal Art (4/4)

de Robert G. Hagstrom


Investing The Last Liberal Art EFP

A propos de l'auteur et du livre


Investing : The Last Liberal Art a été écrit par Robert G. Hagstrom. 

Retrouvez les 3 premières parties de ce résumé en cliquant ici : Investing : The Last Liberal Art 1/4, ici : Investing : The Last Liberal Art 2/4 et ici : Investing : The Last Liberal Art 3/4


A propos de l'auteur


Robert G. Hagstrom est l’un des auteurs les plus reconnus en matière de livres d’investissement destinés au grand public. Il a écrit 9 livres dont les 2 bestsellers The Warren Buffett Way et The Warren Buffett Portfolio.  

L’intérêt de Hagstrom pour Warren Buffett a vu le jour en 1984 lorsqu’il a été pris comme stagiaire dans le programme d’investissement du courtier Legg Mason Wood Walker. Il lui a alors été demandé de lire la lettre du Président de Berkshire Hathaway aux actionnaires, ce qui a radicalement modifié sa vision de l’investissement du jour au lendemain.

Pendant 2 semaines, je n’avais fait que scruter des chiffres, des ratios et des formules mais ce que je faisais à ce moment là était bien différent. Je lisais des choses écrites sur des entreprises et sur les gens qui les dirigeaient. Buffett me fit faire la connaissance de l’octogénaire Rose Blumkin, un migrant russe qui généraient 100 millions de chiffre d’affaires avec un magasin de meubles dans le Nebraska. Je devins proche de Stan Lipsey - le rédacteur en chef du Buffalo News - et de Chuck Higgins qui avait fondé la chaîne de magasins de bonbons See’s Candies et j’appris énormément sur les rouages de la gestion d’un journal et sur les avantages concurrentiels d’une entreprise de confection de bonbons… En bref, ces entreprises étaient devenus vivantes. Au lieu de voir uniquement des chiffres, je me mis à penser à ces entreprises, aux personnes qui les dirigeaient et aux produits et services qui permettaient de générer les chiffres qui remplissaient les tableaux Excel que je finissais par analyser. - Robert G. Hagstrom


A propos du livre


Thème du livre


Une approche multi-disciplinaire de l’investissement en hommage à Charlie Munger et à son réseau de modèles mentaux dont l’objectif est d’acquérir la sagesse du monde réel.


Thèse du livre


L'objectif est de montrer que pour devenir un investisseur hors du commun, se contenter de son champ d’expertise (la finance) ne suffit pas.  

L’auteur veut emprunter aux grandes disciplines leurs idées fondatrices pour les adapter à l’investissement et les mettre en pratique dans le monde réel.  

Les disciplines retenues dans le cadre de cet ouvrage sont : la physique, la biologie, la sociologie, la psychologie, la philosophie, la littérature, les mathématiques et la prise de décision.  

Bien sûr, il s’agit ici d’une liste non exhaustive appelée à être complétée par le lecteur désireux de se forger son propre réseau de modèles mentaux. 


Aperçu du livre


Dans un premier temps, l’auteur explique la démarche intellectuelle qui l’a poussé à écrire ce livre et rend hommage à l’influence de Charlie Munger sur sa réflexion personnelle, en particulier en ce qui concerne la quête de son propre « réseau de modèles mentaux ».  

Dans le cadre de son approche multi-disciplinaire visant à améliorer sa compréhension du monde de l’investissement et de la finance, il présente ensuite les idées fondamentales des différentes disciplines sélectionnées et relient enfin ces dernières au monde de l’investissement en suivant une démarche empruntée au Connexionisme


Alors juste avant de poursuivre, je vous rappelle que vous avez la possibilité d’aller plus loin en vous inscrivant gratuitement à l’une de nos prestations, vous bénéficierez alors de plus de 2h de contenus audio ou vidéo gratuits.  

Si les modèles mentaux vous intéressent, et bien vous pouvez aller plus loin en vous inscrivant à notre Séminaire.  

Le Séminaire de l’EFP est un séminaire d’éducation financière en ligne qui enseigne les concepts financiers fondamentaux justement sous la forme de modèles mentaux.  

Si vous possédez déjà les bases d’une bonne éducation financière, vous pouvez aller plus loin en rejoignant notre Club d’investisseurs.  

Le Club de l’EFP enseigne les stratégies et les méthodes d’investissement qui ont fait leurs preuves auprès de professionnels chevronnés plusieurs années durant.  

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Nos ateliers traitent de problématiques variées telles que le fait de dépenser son argent pour être heureux ou d'investir dans l’immobilier sans sortir de chez vous (et sans investir en bourse) ou encore vous apprennent à construire votre fortune à l’aube de la 5ème Ère. 

Vous trouverez plus d’informations sur la page de présentation de nos ateliers.  


Résumé du livre (audio)



Résumé du livre (écrit)


8/ Les Mathématiques


L’auteur débute ce chapitre avec une fable d’Ésope : le rossignol et l’épervier. La morale de cette fable étant :

« Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. »

Si vous connaissez sûrement la morale de cette fable, vous n’imaginiez peut-être pas jusqu’à présent qu’Ésope avait ainsi écrit il y a plus de 2600 ans l’une des lois fondamentales de l’investissement.

Selon Warren Buffett, la formule qu’il utilise pour évaluer une action et une entreprise est identique. 

Et l’application de la morale « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » peut se muer en 3 principes complémentaires :

1/ Avec quel degré de certitude pouvez-vous donner la valeur de votre cible?

2/ Quand votre prévision se réalisera t-elle et à combien se montera t-elle ? 

3/ Quel est le taux d’intérêt sans risque ?

Si vous pouvez répondre à ces questions, vous connaitrez la valeur maximale de votre cible et le montant maximal à offrir en contrepartie pour l’acquérir dès aujourd’hui.

Buffett explique clairement que cette formule vaut pour n’importe quel type d’actif, c’est la raison pour laquelle ce chapitre du livre est consacré à des concepts mathématiques tels que le calcul de l’actualisation des flux de trésorerie, la théorie des probabilités, la variance, la régression vers la moyenne et l’incertitude vis-à-vis du risque.

La partie mathématique de l’évaluation d’actif faite par Buffett se compose de 3 étapes : le calcul de la trésorerie générée, la probabilité de croissance de la trésorerie générée par l’entreprise dans le temps et l’actualisation des flux de trésorerie.

Ce calcul est assez similaire à celui qui consiste à valoriser une obligation. Une obligation comporte un coupon (trésorerie) et une date de maturité. Ensemble, ils déterminent ses flux de trésorerie futurs.

Si vous additionnez les coupons de l’obligation et diviser la somme par le taux approprié, vous trouverez ainsi le prix de l’obligation.

Pour déterminer la valeur d’une entreprise, vous agissez exactement de la même manière. Mais au lieu d’additionner les coupons, vous additionnez les flux de trésorerie que l’entreprise générera sur une période de temps future et vous actualisez ensuite le tout.

Bien sûr, modéliser des taux de croissance et des flux de trésorerie nous donne une approximation. Mais certains modèles mathématiques nous aident à naviguer à travers ces incertitudes et nous permettent de déterminer la valeur réelle de ces actifs. Ces modèles nous aident à quantifier le risque.

On estime aujourd’hui que les pères fondateurs de la théorie de la décision sont Pascal et Fermat. 

La théorie de la décision consiste à décrire le processus par lequel nous pouvons prendre des décisions optimales tout en prenant en compte un avenir incertain.

Le théorème de Bayes - qui a lui même été influencé par les travaux de Pascal et Fermat - nous permet notamment d’actualiser nos estimations en fonction des nouvelles informations reçues.

Le processus bayésien est d’une simplicité surprenante et peut se résumer par la formule suivante :

Croyance initiale + Informations objectives récentes = Croyance nouvelle et améliorée

Dans son livre consacré à Bayes intitulé The Theory That Would Not Die, Sharon Bertsch McGrayne nous apprend ainsi que chaque fois que le système est recalculé, les éléments postérieurs deviennent les éléments antérieurs de la nouvelle itération. 

Il s’agit ainsi d’un système évolutif que chaque nouvelle information permet de rapprocher de plus en plus de la certitude.

L’analyse bayésienne est une sorte de tentative pour incorporer toutes les informations disponibles dans un processus de prise de décision.

Concrètement, l’analyse bayésienne peut se représenter schématiquement par un arbre de décision dans lequel chaque branche représente une nouvelle information qui a son tour change la donne dans la prise de décision.

Si l’on applique l’analyse bayésienne au modèle des flux de trésorerie actualisés, cette dernière doit nous permettre de gérer l’incertitude liée au calcul prévisionnel de ces derniers.

Un investisseur doit ainsi étendre son arbre de décision en incluant différents horizons de temps et de taux de croissance.

Imaginons que vous souhaitiez faire l’évaluation d’une entreprise, et que vous sachiez que cette dernière a fait croitre sa trésorerie de 10% par an ces dernières années.

Vous pourriez commencer votre modèle de prévision en estimant que l’entreprise a 50% de chances de générer la même croissance les 5 prochaines années, 25% de chances d’avoir un taux de croissance de 12% et 25% de chances d’avoir un taux de 8%.

Ensuite, en raison du paysage économique qui connait un surcroit de concurrence et d’innovation, vous pourriez décider de minorer vos hypothèses de l’année 6 à l’année 8, en attribuant une probabilité de 50% à un taux de croissance de 8%, 25% à un taux de 6% et 25% à un taux de 10%. Puis agir de la même manière pour les années 9 et 10.

Dans le cas de la modélisation financière, il est évident que la fréquence des événements à prendre en compte ne vous permet pas de faire autrement que de formuler des probabilités subjectives.

Le problème, c’est que nous avons une fâcheuse tendance à nous laisser piéger par les biais cognitifs dès lors qu’il s’agit de faire des prévisions en lien avec l’argent.

Pour réussir vos modèles prévisionnels, vous devez avoir conscience des enseignements de la finance comportementale tout en calculant des probabilités qui combinent les données historiques avec les informations disponibles les plus récentes.

Une sorte d’analyse bayésienne passée à la moulinette des biais cognitifs potentiels.

Un autre mathématicien est susceptible d’aider les investisseurs. Il s’agit de James Larry Kelly à l’origine du critère qui porte le même nom et qui peut également être désigné comme la stratégie de croissance optimale.

Ce critère permet de déterminer mathématiquement la taille optimale d’une série de paris qui permettrait de maximiser la taille d’un portefeuille dans le temps, et se base sur l’idée que si vous connaissez la probabilité de succès, il vous suffit de parier la fraction de votre capital qui maximise le taux de croissance.

Ed Oakley Thorp - un professeur de mathématiques, joueur de blackjack, gérant de hedge fund et auteur - a été le premier à appliquer le critère de Kelly aux jeux de pari et aux marchés financiers.

Avec le temps, le critère de Kelly est devenu partie intégrante de la théorie de l’investissement et il se dit même que Warren Buffett et Bill Gross - le gérant du fonds PIMCO - utilisent les méthodes de Kelly pour gérer leur portefeuille.

Cela étant dit, il semble tout de même que le critère de Kelly devrait être utilisé avec précaution par les investisseurs.

Ce dernier comporte en effet 2 limites souvent négligées par les investisseurs : (1) vous avez besoin de fonds illimités et (2) d’un horizon de temps infini pour que cela fonctionne parfaitement.

Evidemment, aucun investisseur ne peut se vanter d’avoir les 2 donc il faut modifier l’approche de Kelly pour qu’elle puisse permettre à l’investisseur d’agir sans prendre des risques insoupçonnés.

Pour éviter la « ruine du joueur », vous minimisez le risque en pariant moins que ce vous indique le modèle. Par exemple, si le modèle vous dit de parier 10% de votre capital (reflétant ainsi une probabilité de 55%), alors vous pouvez choisir d’investir seulement 5% ou 2%.

Cela vous procure une marge de sécurité en matière de gestion de portefeuille. Couplée à celle que vous appliquez au moment d’investir dans les actions individuelles, vous obtenez ainsi une double barrière de protection et un niveau de confort psychologique bien réel.

Un autre concept essentiel à l’investisseur et emprunté aux mathématiques est celui de la variance.

L’exemple pris par l’auteur est celui du biologiste américain Stephen Jay Gould à qui l’on a diagnostiqué une forme fatale de cancer à l’âge de 40 ans.

Ce dernier a alors appris que ce type de cancer était incurable et que son espérance de vie était de 8 mois à peine en moyenne.

Dans le cas de Gould, cela signifiait concrètement que la moitié des personnes diagnostiquées mourrait en moins de 8 mois et que l’autre moitié mourrait après 8 mois.

La plupart d’entre nous avons tendance à voir le monde comme une sorte de courbe avec 2 côtés égaux où les moyennes, médianes, et modes ont exactement la même valeur.

Heureusement pour lui, Gould ne s’est pas contenté de ces données et a finalement découvert que la courbe de l’espérance de vie des patients penchait en réalité bien plus à droite ce qui signifiait que ceux qui dépassaient les 8 mois vivaient en réalité bien plus longtemps.

Dans le cas de Gould, les patients qui vivaient plus de 8 mois démontraient une variance élevée et la plupart d’entre-eux vivaient encore non seulement pendant des mois mais surtout pendant des années supplémentaires.

Et Gould a en effet vécu 20 années supplémentaires…

La leçon la plus importante à tirer pour les investisseurs est de bien faire la différence entre la tendance du système et les tendances dans le système.

En d’autres termes, les investisseurs doivent comprendre la différence entre le rendement moyen du marché et les variations de performance des actions individuelles.

L’une des manières les plus simples de s’y prendre consiste à étudier les marchés sans tendance véritable, ceux qui ne montent ni ne baissent clairement sur une période de temps donnée.

Ces marchés - moins connus - ont tendance à déstabiliser les investisseurs et les conduisent très souvent aux mauvaises conclusions.

En prenant l’exemple de l’évolution du marché entre 1975 et 1982, l’auteur montre que la moyenne de ce dernier a fait du surplace avec un indice Dow Jones à 784 points le 1er Octobre 1975 et de retour sur les 784 points le 6 Août 1982.

Pourtant, en creusant un peu et en faisant le calcul, on se rend compte que 38% des actions des plus grosses entreprise cotant sur le marché ont connu une progression supérieure à 100% soit un total de 190 entreprises sur 500.

En se contentant de regarder l’évolution moyenne du marché, un investisseur aurait conclu qu’il n’avait pas intérêt à investir en actions sur cette période alors que les variations sur le marché ont été absolument gigantesques procurant d’innombrables opportunités de générer des rendements substantiels.

Parce que les investisseurs ont un énorme penchant pour l’identification de tendance, cela les conduit très souvent à en détecter certaines qui n’en sont pas.

La conséquence, c’est qu’ils passent à côté des variations à la hausse et à la baisse qui se déroulent au sein du système.

La régression vers la moyenne

La régression vers la moyenne a été découverte par Sir Francis Galton, un intellectuel britannique cousin de Charles Darwin.

Le principe est assez simple à comprendre. Appliquée à l’investissement, la régression vers la moyenne signifie qu’une performance très élevée ou très faible ne peut pas continuer indéfiniment et qu’elle se retournera tôt ou tard. C’est la raison pour laquelle on parle aussi de retour à la moyenne.

Ce principe est en quelque sorte devenu le credo des investisseurs contrariens qui vous diront que l’appât du gain fait monter le cours des actions et éloigne de plus en plus ces dernières de leur valeur intrinsèque, et inversement que la peur fait baisser le cours des actions et éloigne de plus en plus ces dernières de leur valeur intrinsèque jusqu’à ce que la régression vers la moyenne reprenne le dessus.

Si la loi de Galton parait si certaine, pourquoi les prévisions sont-elles finalement si difficiles ?

L’auteur propose 3 raisons pour expliquer cette difficulté : la surévaluation et la sous-évaluation peut persister pendant une longue période, parfois plus longue que ce que la rationnalité patiente peut nous faire supporter.

Ensuite, la volatilité est parfois tellement importante que les cours des actions ne se stabilisent pas au contact de leur moyenne.

Enfin, et c’est sans doute la raison la plus importante, dans les environnements fluides comme celui des marchés, la moyenne peut elle-même se montrer instable. La normale d’hier n’est pas celle de demain. Et la moyenne peut avoir bougé pour se retrouver à un autre niveau.

Dans les systèmes physiques, la moyenne est stable mais nous avons vu ensemble que les marchés financiers sont des systèmes biologiques et qu’à ce titre, les agents qui les composent apprennent et s’adaptent à un environnement toujours changeant.

Le comportement des investisseurs aujourd’hui - leurs idées, leurs opinions et leur raisonnement - est différent de ceux de la génération qui les a précédés.

Par exemple, la plupart des gens pensent que les indices boursiers sont des paniers d’actions qui changent rarement.

Mais cela est faux. le S&P 500 aux US est modifié chaque année par un comité qui se réunit pour en soustraire des entreprises et en ajouter d’autres à la place. En moyenne, 75 entreprises sont échangées.

Certaines entreprises sont retirées de l’indice parce qu’elles ont été rachetées par d’autres. D’autres parce que leur santé économique n’est plus aussi florissante. Les entreprises qui sont ajoutées sont souvent des entreprises qui sont en bonne santé et qui ont un impact positif sur l’économie.

Ainsi, le S&P 500 se comporte de manière darwinienne, se régénérant en intégrant des entreprises toujours plus fortes : une sorte de loi du plus fort.

Il y a 50 ans, le S&P 500 était dominé par les entreprises issues des secteurs industriel, de l’énergie et des services publics. Aujourd’hui, il est dominé par les secteurs technologique, de la santé et de la finance.

Du fait de retours sur investissement supérieurs dans ces secteurs, le retour sur investissement moyen de l’indice est aujourd’hui supérieur à ce qu’il était il y a encore 30 ans.

La moyenne s’est donc déplacée avec le temps.

Bien que la régression vers la moyenne soit une stratégie notable, les investisseurs doivent avoir conscience que cette dernière n’est pas inviolable.

Risque vs. Incertitude

Frank Knight - l’un des fondateurs de la Chicago School of Economics - est surtout connu pour son livre Risk, Uncertainty and Profit, dans lequel il fait la distinction entre le risque économique et l’incertitude.

Le risque implique selon lui des situations pour lesquelles le résultat est incertain mais dont on connait la probabilité avant de se lancer.

L’incertitude est différente. Avec elle, nous ne connaissons pas le résultat final, mais nous ne connaissons pas non plus la probabilité des différents scénarios. Parfois, nous ne savons même pas quel scénario il faut envisager. La seule constante étant finalement l’élément de surprise.

Dans son livre Le cygne noir, Nassim Nicholas Taleb a eu pour objectif d’aider les investisseurs à apprécier le rôle d’événements difficiles à prévoir et dont l’impact majeur va bien au-delà des attentes classiques que nous pouvons avoir dans la majorité des cas que cela concerne l’histoire, la science, la technologie ou la finance.

Il souhaitait également mettre en garde contre les insuffisances des méthodes probabilistes actuelles pour prévoir ce type d’événement.

Enfin, son dernier souhait était de mettre en lumière les biais cognitifs dont nous souffrons dès lors qu’il s’agit de prendre en compte de l’incertitude et les événements historiques rares.

Malheureusement, le terme a été un peu galvaudé par les médias qui se sont empressés d’en récupérer l’impact émotionnel pour faire les gros titres de leurs journaux en décrivant des événements qui ne méritaient pas nécessairement un tel qualificatif.

Les cygnes noirs doivent être pris en compte par l’investisseur pour ce qu’ils sont : des événements rares par nature mais dont l’ampleur peut s’avérer dramatique.

Pour conclure, les Mathématiques - comme la Physique - sont séduisantes pour l’esprit humain car elles ont cette faculté à nous apporter de la certitude là où semble régner l’ambiguïté.

Cela dit, il faut savoir rester méfiant et ne pas tomber dans le piège de la certitude absolue.

Les probabilités, la variance, la régression vers la moyenne et les cygnes noirs ont leur utilité et permettent de réduire l’incertitude qui règne sur les marché financiers ou tout au moins de la gérer.

Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils permettent de l’éliminer totalement.



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Le Club de l’EFP enseigne les stratégies et les méthodes d’investissement qui ont fait leurs preuves auprès de professionnels chevronnés plusieurs années durant.  

Et enfin, si vous avez une problématique spécifique à résoudre, vous pouvez suivre l’un de nos ateliers audios au format court.  

Nos ateliers traitent de problématiques variées telles que le fait de dépenser son argent pour être heureux ou d'investir dans l’immobilier sans sortir de chez vous (et sans investir en bourse) ou encore vous apprennent à construire votre fortune à l’aube de la 5ème Ère. 

Vous trouverez plus d’informations sur la page de présentation de nos ateliers.  


9/ La Prise de Décision


Une batte et une balle coûtent $1.10 et la batte coûte 1 dollar de plus que la balle. Combien coûte la balle seule ?

Vous avez sûrement 1 nombre à l’esprit mais il y a de fortes chances que votre réponse ne soit pas la bonne. Ne soyez pas désespéré car plus de la moitié des étudiants admis à Harvard, au MIT et à Princeton ont eu faux également.

Pendant des années, les psychologues se sont intéressés à l’idée que nos processus cognitifs sont divisés en 2 modes de pensée.

Ces systèmes de pensée sont aujourd’hui désignés par les termes « Système 1 » et « Système 2 ».

Le Système 1 correspond à la pensée intuitive. Il opère automatiquement, rapidement et sans effort et surtout sans contrôle volontaire de notre part sur son mode de fonctionnement.

Le Système 2 est réfléchi. Il opère de manière contrôlée, lentement et en faisant un effort. Les opérations du Système 2 demandent de la concentration et sont associées à des expériences subjectives qui ont des applications basées sur des règles.

Il est clair que les étudiants étaient bloqués dans le mode de pensée relatif au Système 1 et n’ont pas pu ou su le convertir en Système 2.

S’ils avaient pris un moment pour réfléchir, ils auraient sûrement réalisé que la différence entre 1$ et 10 cents est 90 cents et non 1 dollar.

La première explication de ce mode de pensée bancal tient au fait que les gens ne sont pas habitués à réfléchir longuement aux problèmes qui leur sont soumis et se précipitent pour choisir la première réponse qui leur vient à l’esprit.

La deuxième explication tient au fait que le Système 2 est incapable de contrôler la manière de penser du Système 1.

L’un des chercheurs qui a mis au point l’expérimentation précédente en compagnie de Daniel Kahneman - Shane Frédérick - a également découvert que les personnes qui avaient réussi le test étaient aussi celles qui prenaient le temps de répondre aux questions.

Le système de pensée caractéristique du Système 2 est un processus relativement lent.

Lorsque nous sommes dans l’obligation de répondre rapidement, nous n’avons pas le temps de nous engager dans la rationalité qui est au coeur du processus de réflexion.

Kahneman estime dans son livre Système 1 / Système 2. Les 2 vitesses de la pensée qu’il y a tout de même des cas de figure où les compétences intuitives révèlent la bonne réponse, mais que ces cas de figure dépendent de 2 conditions.

Premièrement, l’environnement doit être suffisamment prévisible et régulier et deuxièmement, il doit être possible d’apprendre ces régularités grâce à une pratique prolongée.

Kahneman en conclut ainsi que les compétences intuitives existent principalement chez les gens qui opèrent dans des environnements simples et prévisibles et que les personnes qui évoluent dans des environnements complexes ont beaucoup moins de chance de développer cette compétence.

Dit différemment, l’intuition semble beaucoup mieux fonctionner dans des systèmes linéaires où les causes et les effets peuvent être identifiés.

Mais dans les systèmes non linéaires, y compris les marchés financiers et les économies, la pensée du Système 1 - la partie intuitive de notre cerveau - est bien moins efficace.

En outre, Kahneman estime que le fait d’accroître la quantité d’information stockée dans notre mémoire augmente notre faculté à penser de manière intuitive.

Il estime que l’incapacité de notre Système 2 à contrôler le Système 1 est principalement due à une condition de ressource. Et améliorer cette condition de ressource revient à approfondir et à augmenter nos réserves d’informations adéquates.

Lors d’une expérience menée par Philip Tetlock - professeur de psychologie à l’université de Pennsylvanie - les chercheurs se sont rendus compte que les prévisions de plus de 27.450 experts ne permettaient pas d’obtenir des résultats supérieurs à celles réalisées par un groupe de chimpanzés.

La principale conclusion de cette étude particulièrement intrigante était la suivante : la manière dont nous pensons est plus importante que ce que nous pensons.

Les experts - comme nous tous - souffrent de manières de raisonner inadéquates. Ce sont les mêmes biais cognitifs que ceux que nous avons vus précédemment qui impactent leur faculté de raisonnement : excès de confiance, manque d’analyse bayésienne, biais rétrospectif, etc.

Ce n’est qu’en faisant appel à notre Système 2 de pensée que nous sommes en mesure de revérifier le bienfondé de nos décisions initiales.

Il y a plus de 2600 ans, le poète et guerrier grec Achille a écrit la chose suivante :

« Le renard a plus d’un tour dans son sac, le hérisson n’en a qu’un seul. »

Pour illustrer ses recherches sur la prise de décision, Philip Tetlock a ainsi scindé en 2 groupes les personnes qu’il étudiait : les renards et les hérissons.

Les renards sont bien meilleurs dès lors qu’il s'agit d’incorporer de nouvelles informations à leurs décisions et ils savent reconnaitre les limites de leur propre connaissance.

Ils possèdent également 3 avantages cognitifs distincts.

1/ Ils commencent leurs prévisions en prenant des hypothèses raisonnables.

2/ Ils savent reconnaitre leurs erreurs et mettent à jour leurs décisions en y intégrant de nouvelles informations.

3/ Ils savent reconnaitre des forces contraires et comprennent comme il se doit les analogies pertinentes.

Les hérissons commencent avec une seule grande idée et poursuivent avec cette dernière quelles qu’en soient les implications.

Les renards rassemblent plusieurs grandes idées. Ils voient et comprennent les analogies et construisent ensuite une hypothèse qui rassemble leurs idées. Ils sont en quelque sorte les étudiants parfaits en matière de modèles mentaux.

L’idée que des personnes si intelligentes puissent être si mauvaises en matière de prise de décision peut paraitre contre-intuitive. Cela peut facilement s’expliquer par le fait que nous partons du principe que les gens intelligents prennent forcément des décisions rationnelles.

Mais Keith Stanovich - professeur de psychologie appliquée à l’université de Toronto - ne voit pas les choses de cette manière.

Dans son livre What Intelligence Tests Miss : The Psychology of Rational Thought, Stanovich a inventé le terme de « dysrationalia » pour décrire le fait d’être incapable de penser et de se comporter rationnellement en dépit d’une grande intelligence.

La recherche en psychologie cognitive a montré qu’il existe 2 causes principales pour expliquer cette dysrationalia. La première concerne un problème de mécanisme cognitif. La deuxième concerne un problème de contenu.

En d’autres termes, les humains sont des penseurs paresseux : ils choisissent fréquemment la solution de facilité pour résoudre leurs problèmes et c’est la raison pour laquelle leurs solutions sont souvent illogiques.

Ensuite, le manque de contenu se réfère à une sorte de vide en matière de « logiciel cognitif ».

L’expression « logiciel cognitif » désigne en réalité l’ensemble des règles, stratégies, procédures et connaissance dont les gens disposent dans leur esprit pour les aider à résoudre un problème.

De la même manière que vous utilisez des logiciels sur un ordinateur pour effectuer des tâches, vous utilisez des logiciels cognitifs pour aider l’esprit à fonctionner.

Selon David Perkins, le manque de logiciels cognitifs est dû au manque d’éducation multi-disciplinaire.

Selon cet expert en sciences cognitives, les Ecoles et les Universités font du bon travail en matière de transmission des faits de chaque discipline enseignée, mais elles ne parviennent pas à connecter ces derniers de manière à permettre à leurs étudiants d’améliorer leur compréhension du monde.

La solution réside sans doute dans la mise en place de cours spécialement dédiés à l’art de penser.

Tout ceci permet une nouvelle fois de crédibiliser l’approche multi-disciplinaire en matière d’enseignement de l’investissement en y intégrant l’ensemble des règles, stratégies, procédures et connaissance issues de différentes disciplines.

Pour résumer, selon Kahneman, les personnes qui parviennent à ne pas tomber dans la paresse de pensée sont celles qui restent actives intellectuellement et sont engagées et alertes dans leurs prises de décision.

La meilleure manière de nourrir votre Système 2 est de permettre à ce dernier de piocher dans les ressources mentales que vous mettez à sa disposition.

Cela revient ni plus ni moins à collecter vos propres modèles mentaux issus de différentes disciplines et à faire en sorte de les maitriser pour que ces derniers puissent vous servir au moment de prendre vos décisions.

Si vous analysez votre portefeuille d’investissement, résisterez-vous à l’envie pressante de vous débarrasser de l’une de vos positions perdantes - sachant que vous êtes en train de céder à l’anxiété et au biais cognitif relatif à la douleur de la perte qui est 2 fois plus inconfortable que le plaisir d’un gain équivalent ?

Si vous vous intéressez à des entreprises, des marchés et des économies, vous contenterez-vous de la première description que l’on vous fera des événements ? Sachant que plusieurs descriptions sont possibles et que si vous creusez davantage, vous découvrirez peut-être une description plus adéquate de la réalité ?

C’est certain, cela demande de l’énergie mentale d’agir ainsi. Et cela vous prendra plus de temps de parvenir à une conclusion. Mais c’est un processus de long terme dont vous pourrez tirer les fruits tôt ou tard.

Comme l’a souvent faire remarquer Charlie Munger, le seul moyen de continuer d’apprendre est de lire tout en adoptant une approche nouvelle et innovante pour absorber l’information et construire vos modèles mentaux.

La réussite de la construction de votre réseau de modèles mentaux passe par plusieurs étapes successives.

La première consiste à initier votre démarche en ayant suffisamment de modèles à disposition.

Une fois que vous avez franchi cette étape, la seconde consiste à les assembler dans un réseau qui fonctionne efficacement.

C’est un réseau qui se doit d’être dynamique pour s’adapter à la nature biologique des marchés financiers. Un peu à la manière des pilotes de ligne qui se forment sur des simulateurs leur soumettant différents scénarios.

Le processus mental du pilote fonctionnant peu ou prou de cette manière : « je n’ai peut-être jamais connu cette situation à l’identique mais j’ai déjà vu quelque chose de semblable, et je sais ce qui a fonctionné à ce moment-là donc je vais agir de la même manière pour commencer et j’ajusterai ensuite ce que je fais tout au long du processus. »

Construire un réseau efficace pour investir est un processus similaire à celui que nous venons de décrire pour les simulateurs de vol.

Concrètement, nous recherchons la bonne combinaison de modèles mentaux qui décrivent l’environnement actuel.

Bien sûr, il est difficile de mettre en place le réseau optimal de modèles mentaux mais nous pouvons faire en sorte de mettre en place un processus permettant d’améliorer ce que nous avons déjà.

L’objectif étant d’être dans une démarche d’amélioration continue permettant de réévaluer et de recombiner les différents modèles du réseau de manière à optimiser ce dernier régulièrement.

En bref, nous devons trouver un moyen d’utiliser de manière productive ce que nous avons déjà tout en continuant d’explorer pour trouver ce qui permettrait de continuer de l’améliorer.

C’est ainsi qu’une colonie de fourmis suit la trace de phéromone la plus intense qui conduit à une source de nourriture tout en envoyant d’autres fourmis sur d’autres pistes aléatoires pour rechercher la prochaine source de nourriture.

Il est crucial d’avoir à l’esprit que vous pouvez découvrir de nouvelles choses et ajouter de nouveaux blocs à vos modèles mentaux SANS prendre de risques inutiles.

Vous pouvez ajouter de nouvelles théories et de nouvelles idées à votre mélange de pensée, les assembler dans un modèle et - comme un pilote dans un simulateur de vol - les essayer sur le marché.

Si les nouveaux blocs s’avèrent effectivement utiles, alors gardez-les et donnez-leur le poids approprié dans votre réseau.

Mais s’il s’avère que ces derniers n’apportent rien de valeur, vous pouvez les retirer et les reprendre plus tard si cela s’avère utile cette fois.

Souvenez-vous que si vous arrêtez d’incorporer de nouveaux modèles à votre réseau, vous obtiendrez peut-être toujours de bons résultats sur le marché boursier pendant un moment, mais à la longue, vous finirez par avoir une longueur de retard sur l’environnement changeant de demain.


Juste avant de conclure, je vous rappelle que vous avez la possibilité d’aller plus loin en vous inscrivant gratuitement à l’une de nos prestations, vous bénéficierez alors de plus de 2h de contenus audio ou vidéo gratuits.  

Si les modèles mentaux vous intéressent, et bien vous pouvez aller plus loin en vous inscrivant à notre Séminaire.  

Le Séminaire de l’EFP est un séminaire d’éducation financière en ligne qui enseigne les concepts financiers fondamentaux justement sous la forme de modèles mentaux.  

Si vous possédez déjà les bases d’une bonne éducation financière, vous pouvez aller plus loin en rejoignant notre Club d’investisseurs.  

Le Club de l’EFP enseigne les stratégies et les méthodes d’investissement qui ont fait leurs preuves auprès de professionnels chevronnés plusieurs années durant.  

Et enfin, si vous avez une problématique spécifique à résoudre, vous pouvez suivre l’un de nos ateliers audios au format court.  

Nos ateliers traitent de problématiques variées telles que le fait de dépenser son argent pour être heureux ou d'investir dans l’immobilier sans sortir de chez vous (et sans investir en bourse) ou encore vous apprennent à construire votre fortune à l’aube de la 5ème Ère. 

Vous trouverez plus d’informations sur la page de présentation de nos ateliers.  


Conclusion



La leçon principale à tirer de ce livre est de retenir que les théories financières seules ne suffisent pas pour décrire le comportement des marchés.

Le processus qui consiste à partir en recherche des modèles mentaux issus de différentes disciplines et à les intégrer à notre processus de prise de décision tient davantage d’une éducation issue de la Renaissance que d’une éducation telle que nous la connaissons aujourd’hui.

La spécialisation du savoir a déjà montré ses limites et l’approche multi-disciplinaire doit nous permettre d’en retirer des bénéfices très largement supérieurs.

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que ceux qui font les efforts d’entreprendre ce type de démarche exigeante, seront récompensés par ce que Charlie Munger appelle l’effet « lollapalooza » encore appelé « émergence » par les scientifiques de l’institut de Santa Fé.

Il s’agit en fait d’une sorte de turbo de la pensée qui apparait lorsque plusieurs concepts de base se combinent et pointent dans la même direction, se renforçant les uns les autres pour faire apparaitre leur vérité fondamentale.

Mais quel que soit le nom que vous choisirez pour désigner cet effet, c’est bien cette compréhension élargie et profonde qui sera la fondation de votre sagesse du monde. 


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